JonOne, un américain dans le Nord

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La 7ème édition de Solid’Art est placée sous le signe de la couleur et de l’énergie…celles de l’œuvre de son parrain, l’artiste franco-américain JonOne, figure emblématique du graffiti et de l’abstraction contemporaine.

Ne dites surtout pas de lui qu’il est un street-artist ! D’abord parce qu’il ne crée plus dans la rue, et surtout parce que JonOne déteste les catégories et les cases. Sa devise est simple : « Old School – New School – No School » ! Alors, quand on lui demande de se définir, JonOne répond: « Je suis peintre graffiti expressionniste abstrait ». Vous voilà prévenus !

Quel chemin parcouru par cet artiste ultra prolifique dont les toiles se vendent aujourd’hui à des dizaines de milliers d’euros et qui collabore avec les plus grandes marques… Car avant JonOne, il y eut John Andrew Perello, adolescent dans le New-York des années 80, qui découvre l’art grâce…au métro ! Pour lui, c’est un véritable musée roulant. Les lumières et les couleurs des graffitis, qui recouvrent les wagons et qui apparaissent tels des flashs lorsque le métro défile à pleine vitesse, opèrent comme un déclencheur. Le jeune homme se munit d’un marqueur et commence à apposer sa signature un peu partout dans la ville. JonOne est né. Mais rapidement, le jeune homme s’écarte des codes du graffiti pur pour inventer son propre langage fait de couleurs et de mouvement. Une manière pour lui d’exprimer cette soif de liberté qui le consume et qu’il ne parvient à apaiser qu’en créant. Mais JonOne veut plus…plus de rencontres, plus de nouveautés et plus de pérennité aussi. Voir ses œuvres être sans cesse recouvertes par d’autres ou même effacer frustre l’artiste, qui veut laisser sa trace, son empreinte…une manière de tricher avec la mort qui rôde partout autour de lui. Il décide donc de tout quitter et de poser ses valises à Paris en 1987.

JonOne


C’est un nouveau monde qui s’ouvre à lui…ou disons plutôt qu’il a forcé les portes de ce monde à grands coups de couleurs. Il délaisse le mur pour la toile, la rue pour les galeries, mais conserve la même énergie, la même envie. Pour lui, créer est vital. C’est sans doute ce qui explique la force quasi animale qui habite ses œuvres. Comme il le dit lui-même, il crache la vie qu’il a en lui sur ses toiles, entrant dans un corps à corps, un corps à cœur avec la couleur, le pinceau, la toile elle-même. Face à elle, il évolue tantôt comme un danseur, tantôt comme un boxeur, alternant mouvements brusques et fluides. Résultat : des œuvres foisonnantes, étonnantes où formes et lignes se croisent et se décroisent dans un déroutant jeu de construction-déconstruction, mais surtout des œuvres colorées. JonOne traque sans cesse la bonne teinte, la bonne association, et rêve de pouvoir imaginer une toute nouvelle palette de couleurs. Pouvoir exprimer une telle liberté, pouvoir jouer ainsi avec différents supports, différentes formes d’expression demande une discipline de fer…et c’est ce travail acharné qui permet à cet autodidacte d’être aujourd’hui exposé dans le monde entier.
Cette incroyable carrière justifierait à elle seule le choix de JonOne comme parrain de Solid’Art. Mais c’est autre chose encore qui explique ce choix. Et cette autre chose, c’est son lien avec le Nord. Depuis 2017, JonOne possède un atelier à…Roubaix ! C’est sur les conseils de son ami et assistant Mikostic (graffeur et plasticien de talent…et véritable encyclopédie du street-art qui partage sa passion lors de visites guidées !), que JonOne a posé toiles et pinceaux dans la cité Nordiste qui lui rappelle l’énergie du Harlem de son enfance. Son atelier, qu’il appelle son havre de paix, ressemble un peu à celui de Mahjoub Ben Bella, dont l’œuvre toute en lignes, couleurs et lumières comptent parmi les inspirations de l’américain. Les deux nordistes d’adoption partagent une même vision de l’art basée sur l’abolition des frontières et les émotions partagées.

JonOne

Mais si JonOne est un parrain unique, c’est aussi parce qu’il a lui-même connu la précarité et la violence. Voilà pourquoi créer s’est imposé à lui comme un besoin vital. La création comme moyen de survivre. La création comme moyen de lutter…mais sans haine, ni colère. Pour JonOne, créer c’est donner, partager, faire œuvre de générosité. Alors pour celui qui a découvert pour la première fois la montagne grâce à une association, parrainer Solid’Art et participer ainsi à sa campagne « Vacances » sonnait comme une évidence. En ces temps troublés, l’artiste se sent la responsabilité de faire rêver, de donner de l’espoir, de transmettre de la joie de vivre…c’est tout cela que représente ce cœur débordant de couleurs et de lumière qui trône fièrement sur l’affiche de la 7ème édition de Solid’Art.

Alors rendez-vous les 4, 5 et 6 juin prochains pour découvrir l’œuvre foisonnante et pleine de vie du seul et unique JonOne !

Juliette Courtois