François Van Peteghem « Le bon docteur » qui mit au monde Charles de Gaulle

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zFRANÇOIS VAN PETEGHEM

« Le bon docteur » qui mit au monde Charles de Gaulle

François Van Peteghem, né à Moncheaux en 1831, (décédé à Lille en 1904), devint docteur des petites gens de Wazemmes dès son installation au 66, rue Colbert. Les pauvres furent ses premiers clients et firent sa réputation. Il leur demandait peu de choses pour ses honoraires, rien le plus souvent ; il ne les négligea point, quand un peu plus tard, les maisons les plus riches se disputèrent ses soins. Que de fois n’a t’il pas aidé, avant le lever du jour,  à des naissances le plus souvent heureuses, et aussi au milieu de la nuit, rendu, par sa présence et ses conseils, la confiance aux malades, l’espérance aux familles alarmées !

C’est Madame Van Peteghem qui, l’oreille aux aguets, dans son sommeil léger, entendait l’appel venu du dehors, et s’il le fallait, si aucune incertitude sur la gravité du mal, n’effleurait son intuition féminine, éveillait doucement son mari qui, bientôt levé pour combattre l’ennemi, et sauver peut-être une vie aux dépens de la sienne. Il n’était pas rare qu’il laissât jusqu’à deux ou trois fois, son lit dans la même nuit, pour s’asseoir au chevet d’un malade. Le jour venu, comme s’il eût joui des fortifiantes douceurs d’un sommeil ininterrompu, le « bon docteur » après un coup d’œil rapide jeté sur les journaux, quand il en avait le temps, faisait quelques visites à pied, vers sept heures, au moment où plus d’un heureux du monde ouvre les yeux. Ce premier moment de sa journée pouvait compter parmi ses loisirs. On le rencontrait fréquemment, dans son coupé, en hiver, dans sa calèche durant la belle saison, intra ou extra muros, suivant l’occasion les coussins jonchés de revues médicales ou autres, saluant ses amis d’un geste et d’un regard souriant.

Il parcourait la ville soignant et conseillant ses ouailles comme un vrai pasteur ; il revenait parfois d’Armentières, de Douai, de Roubaix, de Tourcoing, voire même de la Belgique. Ce  n’était là qu’un début. Le soir, la consultation achevée, conduit par son cheval gris ou son cheval noir, les deux principaux serviteurs de son écurie, il sillonnait de nouveau la ville et les environs. On voulut faire de lui un conseiller municipal. Il s’y prêta par obéissance, et resta, avec bonheur, le conseiller des affligés… Mais, voyons le à l’œuvre dans les circonstances mémorables où il faut payer de sa personne sans compter : le choléra éclate à Lille en 1866. Le docteur est à son poste jour et nuit… – « Il s’est distingué par son zèle et un dévouement sans bornes. Quoique indisposé, malade même, il n’a pas cessé un instant de visiter les nombreux cholériques de sa circonscription, et de leur prodiguer, avec un complet désintéressement, les soins les plus intelligents et les plus charitables ». 4 heures du matin, un 22 novembre 1890

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