La Rue de Béthune

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D’abord rue Notre -Dame, elle fut de tout temps une rue très animée et commerçante. Au 17éme siècle, c’était le chemin des pèlerins qui se rendaient à Notre-Dame de la Réconciliation à Esquermes, et à Notre-Dame des Grâces à Loos.

Elle devint rue de Béthune en 1793 car située sur la route de Lille à Béthune. En 1914, juste avant les bombardements allemands d’octobre, on recensait dans cette rue de 295 mètres de longueur, 15 estaminets, soit un commerce sur deux, autant dire que l’on ne craignait pas la canicule. Puis les estaminets disparurent pour laisser la place à quelques brasseries et auberges.

Dans les années 60,

le cœur du commerce Lillois se limitait à la rue Nationale avec le Printemps et Prisunic, à la Grand Place avec le café de la Paix, la Cave et le Moderne, la rue Neuve avec Madeleine Tycko et la rue de Béthune, déjà bien encombrée, d’autant plus que le tramway se taillait la route  à grands coups de cloche, essayant d’éviter les piétons.

Depuis toujours commerciale et festive on y trouvait :

Le Monoprix, la boucherie Boijaud, Benjamin le chapelier, la brasserie André, le Paon d’Or, le grand garage Citroën et beaucoup de  cinémas  faisaient de la rue de Béthune l’une des rues les plus fréquentées de mes jeunes années. Le Rexi, le Cameo, le Concorde, le Familia ou encore le Régent nous offraient les dernières nouveautés du grand écran.

Dans les années 70

Un jour, un magasin bizarre qui s’appelait Bidule, tout noir, encombré de tuyaux de chauffage est apparu, un horrible chancre pour  les Lillois bien pensants qui en furent scandalisés. Les jeunes s’y précipitèrent, surtout les filles, qui en ressortaient vêtues d’une mini mini mini mini jupe et d’un long très long manteau. Éventuellement chaussées de bottes cuissardes à la mode Londonienne. Le raz de marée des  Beatles  et des Stones s’apprêtait à déferler sur notre vieille France qui venait de se réveiller avec  un certain Johnny Halliday. Qui s’extasiait devant les touts petits petits bikinis rouges et blancs à petits pois. D’un Eddy Mitchel qui voulait nous vendre des Chaussettes Noires et d’un Dick qui s’évertuait à twister sur la plage de Saint-Tropez.

Le Vieux-Lille
Ce que l’on appelle aujourd’hui le Vieux Lille chic et branché, était le repaire d’artistes bohèmes, vivant plus d’amour et de vin rouge que de leur art, d’étudiants fauchés, de travailleurs immigrés et de quelques bars plus ou moins glauques. Saint Sauveur n’existait plus, tout avait été rasé sauf l’église, et Lille regardait droit vers l’avenir sans trop se soucier de son riche patrimoine. 

C’était l’époque où Frézin était encore étalagiste et innovait en trempant tout ce qu’il trouvait dans le plâtre, où les bars un peu louches de la rue Lepelletier n’avaient pas peur de confier la décoration de leurs murs aux élèves de l’école des Beaux Arts et où l’on pouvait s’offrir pour 50 centimes une bière ou un énorme paquet de frites et pickles.

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