Franck Guihal

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Corps-à-cœur avec la matière

Depuis plus de 20 ans, Franck Guihal affronte l’acier dans un combat créatif dont émerge une œuvre monumentale, brute et poétique.

Franck Guihal – Studio Olivier Ribardière

C’est d’une contrainte qu’est née la 1ère pulsion créatrice de Franck Guihal. A 17 ans, le voilà farfouillant dans les trésors du garage familial pour trouver la solution qui lui permettra d’accrocher l’objet qu’il tient entre les mains… et c’est là qu’il lui est apparu, lui, le vieux poste à soudure qu’il va dépoussiérer et ne plus jamais quitter. Autour de lui, le joyeux bric-à-brac prend vie, les pièces amoncelées lui rappelant là la courbe d’un corps, là un visage. L’adolescent se met alors à assembler, souder, déconstruire, et recommencer jusqu’à imaginer sa 1ère sculpture figurative. Sa passion est née ! Est-ce sa maîtrise de sciences économiques qui lui apprend la valeur d’un travail mené avec passion ? Une chose est sûre, une fois sa maîtrise en poche, Franck Guihal s’inscrit en CAP métallier ! Là il apprend le rôle et le maniement des outils et machines, la nature du matériau et ses différentes réactions, et bien sûr la soudure, ce grand geste final. Le voilà donc prêt à affronter le métal dans un corps-à-cœur aux airs d’exutoire. Travailler le métal est un combat dont on ne ressort pas indemne, brûlures et cicatrices en témoignent. Et pourtant, de cette matière brute et tranchante, Franck Guihal imagine une œuvre sensible révélant la beauté de l’équilibre trouvé entre le lâcher prise, le geste sûr qui guide la matière et la prise de décision pour en déterminer la finalité. C’est là toute la beauté de l’acier, avec lui, Franck Guihal est libre de structurer, déstructurer, recommencer encore… et cela arrive souvent car son cerveau fonctionne à 1000 à l’heure. Réfléchir, penser chaque projet… tout ce travail lui permet ensuite d’affronter la matière sans peur, mais avec cette petite appréhension stimulante qui précède chaque acte créateur et qu’il ressent aussi avant de monter sur scène. Car Franck Guihal est aussi chanteur dans un groupe punk-rock ! La musique, comme les voyages, les livres et les cours de dessins qu’il a repris depuis peu façonnent son œuvre de façon naturelle… et inconsciente !

Franck Guihal – Studio Olivier Ribardière

Abstraites ou figuratives, monumentales ou petites, ses sculptures sont variées, mais toutes ont en commun de travailler le vide et le plein, de jouer sur les cadres et les courbes, et surtout de redonner vie à des pièces de récupération. Sous ses mains expertes, les anneaux de cerclage deviennent les courbes lisses d’un visage qui nous interroge, et chaque chute se transforme en point de départ d’une nouvelle création. En parallèle, Franck Guihal multiplie les projets de mobiliers, garde-corps, rampes, grilles qui tantôt se fondent, tantôt révèlent, tantôt détonnent, mais qui trouvent toujours leur place et nous poussent à changer notre regard sur ce qui nous entoure. L’Arbre Voyageur, l’Hospice de Seclin, le Château d’Esquelbecq, les belles demeures privées… Franck Guihal a laissé sa marque partout dans la métropole, qu’il contribue aussi à revégétaliser ! Vous en voulez la preuve ? Rendez-vous Faubourg de Béthune au Jardin du Houblon. A l’époque, il n’y avait pas grand-chose ici, mais dans le cadre du festival Les Fenêtres Qui Parlent, artistes et habitants se sont mobilisés pour le transformer en lieu de nature et de culture. Les cadres sur lesquels grimpe le houblon sont ainsi signés Franck Guihal ! Et bientôt, vous pourrez découvrir 10 sculptures monumentales au parc Mosaïc-Jardin des Cultures. Ce grand projet lancé par la MEL et remporté par Franck Guihal va lui permettre de s’inscrire encore davantage dans cette métropole qu’il arpente sans relâche pour en découvrir et en révéler la beauté. En attendant l’inauguration en octobre, vous pourrez venir le rencontrer en juin au salon Solid’Art. Nul doute qu’il abordera cette nouvelle édition avec son sourire communicatif qui fait écho à son insatiable envie de partager, de transmettre et de créer des moments uniques avec tous ceux qui ont la chancede croiser sa route !


Solid’Art 2022 : A vos agendas !

Les 24, 25 et 26 juin prochains, Solid’Art, le salon Solidaire d’Art contemporain prend à nouveau ses quartiers à l’Hôtel de Ville pour soutenir le Secours Populaire.

Parrainée par Speedy Graphito, pionnier du street-art, et soutenue par la Ville de Lille et la Région Hauts-de-France, cette 8ème édition promet de belles surprises, avec 120 artistes déployant leurs univers riches et colorés sur près de 2 500 m2 ! Surtout n’oubliez pas : une œuvre achetée, c’est un enfant qui part en vacances ! Alors n’hésitez pas à venir flâner dans les allées de ce festival unique. Il y en a pour tous les goûts et tous les budgets… et l’entrée est gratuite ! Et sachez que les charmants jeunes gens qui vous y accueilleront sont élèves du Lycée Gaston Berger, qui s’associe au Secours populaire pour belle opération artistique et solidaire !

Infos pratiques :
• Lieu : Mairie de Lille
Vendredi 14h > 22h,
Samedi 10h > 20h,
Dimanche 10h > 19h

www.solidart.fr