J’ai ma carte de la médiathèque

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J’ai ma carte de médiathèque et je l’utilise. Parce que beaucoup ont une carte de médiathèque qui leur sert, juste à gratter le givre du pare-brise. Moi je l’utilise et en plus je lis les livres que j’emprunte.

Tout ce que je sais sur la lecture. C’est ce qu’un vieux prof de français m’en avait dit : « C’est en lisant que l’on se construit un monde meilleur, au moins dans sa tête ». Alors, je lis tout ce qui me tombe sous la main. Presque tout.
Par exemple, je n’ai pas lu Cinquante nuances de Grey. J’ai essayé. Je me suis arrêté bien avant la première fessée. On me l’avait vendu pour un bouquin olé/olé. Et franchement si c’est pour ça qu’elle s’excite les mammys. Qu’est-ce que ça doit être quand elles lisent Madame Bovary ? Si, Madame Bovary c’est chaud. Tenez ! Voici un extrait :
« A présent, il possédait pour la vie cette jolie femme qu’il adorait. L’univers, pour lui, n’excédait pas le tour soyeux de son jupon ; et il se reprochait de ne pas l’aimer, il avait envie de la revoir ; il s’en revenait vite, montait l’escalier, le cœur battant. Emma, dans sa chambre, était à faire sa toilette ; il arrivait à pas muets, il la baisait dans le dos, elle poussait un cri. »
Tu m’étonnes. Elles n’aiment pas qu’on arrive à pas muets pour leur faire des trucs dans le dos. Il faut au moins un :
« J’arrive, je pénètre dans ta chambre et je vais te baiser dans le dos. »
Je ne dois pas être sensible à ce genre d’érotisme. Moi je suis plus Marc Dorcel, comme auteur. Ça ne tourne pas autour du pot, on sait pourquoi on est venu. Ça donnerait :
« A présent, il avait envie de la revoir ; il montait l’escalier. Emma, dans sa chambre, il la baisait dans le dos, elle poussait un cri. On n’en parle plus. »
Et pour les plus jeunes d’entre nous qui n’ont pas l’habitude des livres, je précise : Un bouquin c’est comme un texto mais avec toutes les lettres.