Le dénicheur de vinyle rue Solférino à Lille

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« Donne-moi ton tagada ou des billets de mille »

La musique, c’est essentiel mais le disque, rappelons-le, est également un objet, un support physique et tangible. C’est également une démarche artistique dans son ensemble, depuis l’enregistrement du son, mais aussi jusqu’à la confection et la réalisation du travail visuel de la pochette.

N’en déplaise aux accrocs du téléchargement qui du coup, ne peuvent se laisser guider par cet instinct qui, face à une pochette de groupe inconnue, semble parfois guider la main du curieux. Oui,   c’est souvent comme si un sixième sens venait parfois  souffler à nos oreilles : « oui, prends ce disque, oui, celui là ». Et bingo, cette fois voilà une main aventureuse qui se tend vers la boîte à 45 tours en direction d’une pochette sobre jaune et noire où six gentlemen en costume tendent des billets à une dame visiblement ravie de les recevoir. Il n’en fallait pas plus pour attiser la curiosité.

Estampillée « Daems disques », la galette donne le ton. Le dos le dit clairement et présente en gros titres « les rois du musette ». Mais les connaisseurs se souviennent que le label a également su présenter quelques titres de twist bien sentis. Nous repartons cette fois-ci avec The Shamrock’s au début des années 1960. Mais oui ! Les Shamrocks ! Oh my baby drove up in a new brand Cadillac ! Et bien non ! Stop, mais vous n’y êtes pas. Il ne sera pas ici question des Shamrocks et de leur reprise du tube Cadillac de Vince Taylor, mais bien de The Shamrock’s, avec apostrophe, un groupe de la région lensoise.

Point de musette ici, mais plutôt de l’amusette avec un quatre titres commençant par « Horizons lointains », ballade teintée d’humour à l’honneur des poètes itinérants et véritable incitation à la liberté. Suit « Tant que tu m’aimeras », chanson romantique caractéristique de la scène tricolore des sixties, au chant plaintif parfois un peu limite au niveau de la justesse. Nous dirons que l’interprète s’est laissé emporté par l’émotion.

La face B démarre plus vigoureusement avec un twist et le titre phare « Les billets de mille » et des textes encore légers « l’argent c’est pas c’qui manque, on en trouve partout, mais dans mon compte en banque, il n’y a rien du tout » agrémentés de touches de saxophone bien senties.

Pour conclure arrive l’étonnant « Donne-moi ton tagada »
façon fanfare, qui aurait plus trouvé sa place sur un disque de Carlos. Le choix semble curieux et éclectique, mais il est vrai que le groupe ne possède pas énormément de composition à son actif, avec uniquement deux 45tours et un 33tours.

Vous êtes fan des sixties francophones ? Découvrez les Shamrock’s et suivez votre instinct lorsque vous allez chez votre disquaire, aucune trouvaille musicale n’est mauvaise puisque dans tous les cas, il s’agit d’une découverte et donc la satisfaction d’une curiosité.

Curiosités inattendues de Notes en Bulles

Photo de «samba wattrelosienne» thème du carnaval 1987 et des danseuses brésiliennes qu’on ne voit pas non plus tous les jours dans les rues de Wattrelos. Le second groupe s’appelle les JI-TI, chants religieux issus du Carrefour des arts, de la rue de la Monnaie à Lille.

SYLVAIN
NOTES EN BULLES – Disquaire – Libraire
172 rue Solférino 59000 lille – Tél : 03 66 96 01 12 – www.notesenbulles.fr

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