VERS UN VIEUX-LILLE MIS AU VERT

Apologie du grignotage écologique
Inauguration du jardin Line Renaud en présence de l’artiste. Chapeau, Line, et bienvenue ! Ça commence, mal, comme sur un chromo stéréotype de Lille : boue, flaques, temps frisquet et maussade, un parterre vierge de végétation livré à l’eau et au vent. Un octogénaire et son blanc doggy s’embourbent. Intervention solidaire délicate, limite chaîne humaine, pompiers et hélitreuillage. Puis Line paraît. Quelque chose de peu dicible mais de palpable passe, un regain d’optimisme : cheveux chenus coiffés impeccables, nuage blanc, mousse aérienne nivéale, sourire et yeux pétillants d’intelligence et de bienveillance, Line rayonne. Vivre jusqu’à un âge avancé n’est peut-être pas une malédiction.

Il se verdit, les cours d’école se débitumisent, et se féminise notre Vieux-Lille, à pas de moineaux certes, mais sûrement. Sur l’espace libéré par le tristouille rectorat, les arbres sont plantés, pour les pelouses faudra être patient, attendre le printemps, voire l’été, prochain ou post prochain. Les brumisateurs sont prévus et itou les points d’eau mais quid des toilettes dont la ville ressent un besoin pressant ? Pour l’anniversaire, prévoir quand même tonnelles, abris pour pique-niques maousses, fermer la circulation rue Saint-Jacques, le saint des pèlerins, dont l’emblème est la conque, la coquille, réceptacles goûteux et apaisants. Et les mouflets déjà de s’éclater sur le revêtements en liège issu de bouchons recyclés, champagne de préférence, moelleux comme unejoue, une hanche, un lolo, faire gaffe. Si comparaisons ne sont par raison, elles peuvent engendrer retours de bâton.

                                                                                                                                           

Donc un nouveau jardin livré dans les délais dont Line Renaud est la fleuronne. Le mot n’existe pas au féminin, alors tous ensemble pour que les femmes acquièrent visibilité dans la cité ! 4 % seulement des rues lilloises portent des noms de femmes contre 15 % à Paris … qui peut largement mieux faire. Continuons les néologismes, baptisons de concert et renommons hardiment places, squares, artères et rues ! Le noir perd du terrain, le vert grignote le goudron, le parc se souvient des forêts. Ici le patriarcat cède un pouce de terrain, là une phalange, pour un doigt exigeons la main entière.

Continuons le dévoilement ! Abattons les hauts murs des jardins privés muchés rue Pharaon de Winter, rue Jean Moulin, passage des Trois Anguilles, enceintes carcérales qui confisquent l’espace et cachent le ciel.

 

Foin des nostalgies, libérons les espaces : vaste jardin à la française de l’évêché, trop lisse, tristouille, à usage restreint, excluant, jardin confidentiel de la Banque de France…Poursuivons le grignotage écologique et démocratique, les implantations, les vertes et vitales extensions ! Les cartons municipaux contiennent en germe la plantation d’un jardin humide. Place aux plantes qui stockent l’eau lors des pluies et la rejettent quand viennent les chaleurs : palmier bambou, ? Palmier d’Arec … ? Le chroniqueur demande l’indulgence pour son ignorance crasse en matière de botanique et l’aléatoire résultat de ses recherches.

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