La 10e édition du Prix Alexandre Desrousseaux

seconde : Benyoub Myriam,  Sous les arcades de la Vieille Bourse

Un beau matin d’été, j’ai préparé mon sac à pique-nique, sans but précis. J’avais juste besoin de prendre l’air, de m’éloigner un peu de mon quotidien. Le soleil était déjà haut, l’air tiède, invitant à la flânerie. J’ai pris le train en direction de Lille, sans programme, avec cette simple envie : marcher et découvrir. Arrivée à la gare de Lille-Flandres, je me suis laissée porter. J’ai traversé quelques rues, pris un métro sans trop y réfléchir, et très vite, j’ai rejoint le centre. Là, mes pas m’ont menée jusqu’à une grande place, vivante et lumineuse. Devant moi, l’Opéra, majestueux. Une fontaine dansait doucement au milieu des passants. Et sur le côté, presque discrète malgré son élégance : la Vieille Bourse. Je l’avais déjà aperçue, comme on aperçoit les choses sans vraiment les regarder. Mais ce jour-là, j’ai pris le temps. Je me suis approchée, curieuse. Passée l’entrée, je suis entrée dans la cour intérieure, et tout a changé. Le brouhaha de la ville s’est soudain estompé. Sous les arcades, c’était un autre rythme, un autre monde. 

Première : Muriel Visa,  Une place en plein coeur

Assise au bord de la fontaine de la Grand-Place, me voici trente ans plus tard, là où tout a

commencé et ne finira jamais. Le ciel est magnifique aujourd’hui, d’un bleu lumineux, tapissé d’une

multitude de nuages de coton comme une toile tendue et figée au-dessus de la place. La lumière des bâtiments environnants flamboie de couleurs ocre, rouge et jaune. Elle s’amuse à détailler les

moulures et les sculptures accrochées aux murs qui nous rappellent les siècles d’histoire dont a été témoin cette place grandiose. Le clapotis de l’eau, inlassablement, se répète dans la fontaine,

relaxante et chantante aux oreilles de ceux qui savent écouter. Des pigeons roucoulent, venus

picorer les miettes tombées des mains des passants gourmands. Le froissement de leurs ailes, quand ils s’envolent, s’accorde à la douce musique de l’eau. Habiter Lille et pouvoir flâner dans ce lieu, entendre le bruit de ses talons battre le pavé, quel bonheur ! Rester immobile, un instant hors du temps, pour admirer ses édifices, quel enchantement ! C’est la magie de cette place située au coeur de la ville.

Dans l’Histoire universelle de ce lieu, il y a mon histoire. C’était en 1982, j’avais vingt ans.

À l’époque, j’habitais rue Fontaine-Del-Saulx, une rue adjacente à la rue Nationale. Tous les

jours, je descendais ou remontais à pied cette longue rue, jusqu’à la Grand-Place que je traversais, mon carton à dessin sous le bras.

 

 


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