Chronique du Vieux-Lille Michel L’Oustalot

Le pont du Petit Paradis

Sous les ponts de Lille coulent la Deûle, nos souvenirs et nos rêves de résurrection

I l était une fois sur la Deûle un pont hollandais à bascule et à simple levier qui rappelait le pont de Langlois à Arles  peint par Van Gogh : le pont du Petit Paradis. Il portait le nom d’une guinguette sise à proximité. Dans les années 2000, lui et son jumeau le pont du Ramponeau, autrefois également flanqué d’une guinguette éponyme, s’immobilisèrent, recouverts d’une gangue de bitume. Leurs aériennes architectures de métal peintes en vert sombre  et leurs savants mécanismes élévatoires furent abandonnés aux pigeons, à la rouille et aux rats. Et depuis le percement du canal à grand gabarit qui contourne la citadelle pour rejoindre le port fluvial en l’an de grâce 1997, les péniches avaient déserté la Moyenne et la Haute- Deûle. Quel affront pour des ponts  réduits à l’immobilité, au délitement et au ronron !

Depuis avril 2016, Il est désormais un pont à quadruple parapet de métal gris, dont le tablier porte deux larges passages pour piétons  bordant une chaussée à deux voies. C’est un pont à élévation verticale monté sur quatre vérins, un pont levant quoi, métamorphose inattendu du Petit Paradis. Mais à quoi bon un dispositif d’élévation là où ne passe aucune nef ?

Lise Daleux, Adjointe au maire de Lille déléguée à la nature en ville et aux espaces verts, interviewée par Michel Loustalot devant le pont du Petit Paradis.

Alors EMME, le roi auto-proclamé de la rue d’Angleterre,  curieux de tout événement  en son royaume et amoureux des ponts, ces constructions faiseuses de passages et de liens, s’en fut voir la belle  Lise DALLEUX, adjointe à la politique de l’eau et à la biodiversité en mairie de LILLE.

Emme : 

– Dites-moi, gente Lise, pourquoi un pont à élévation verticale sur un bras mort  que n’empruntent plus les  bateaux ?

Lise : 

– Bonne question, votre  Majesté et légitime préoccupation ! Apprenez d’abord que ce pont est en capacité d’accueillir les lourds manèges des forains et la noria quotidienne des camions de l’armée tirant parfois des pièces d’artillerie. Desserte du tout récent parking nord, il désengorge le Pont de la Citadelle, il y a peu unique lieu de passage entre le Champ de Mars et la ville !

Emme : 

– Certes, Lise, mais pourquoi ce choix de l’élévation  forcément plus onéreux ?

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