Ed. MaeloH -8 sept 2025 -196 P- 16 €
Dans ce premier roman, Malika Ait Gherbi fait preuve d’une belle maîtrise d’écriture. On s’attache très vite à la jeune Baya qui mène deux existences opposées : celle corvéable à merci, étant l’aînée d’une famille de six enfants, et celle de l’étudiante en Lettres, plongée dans un monde de liberté et d’amitiés.
La psychologie des personnages est très bien analysée en lien avec l’histoire douloureuse des Algériens harkis chassés de leur propre terre, racines coupees, coutumes pourtant maintenues comme celle du couscous le dimanche, de la supériorité absolue de l’homme sur la femme ou encore de celle d’une religion qu’on ne pratique plus, mais qui impose ses règles.
Un roman très agréable à lire qui ouvre sur une réalité historique douloureuse et toujours vivante, et sur la puissance de l’ouverture aux autres.
LE, LUI, L’AUTRE d’Anne-France

Les arandes blessures intérieures mettent du temps à jaillir du coeur de ceux qui cherchent à en guérir. Certaines cependant s’aggravent dans le silence. En dévoiler par ecrit les tourments est difficile mais parfois nécessaire pour en guérir.
Avec une écriture fluide et agréable, un beau sens de l’observation des petites choses et des tourments de son enfance, Anne-France dévoile au lecteur une étrange plongée dans la perversité d’un homme qui joue entre son admiration inconditionnelle pour celle qu Il dit aimer et admirer, et son mépris, ses Insultes et menaces. Il a fait d’elle son jouet, sa possession obsessionnelle. Ce qui est étonnant en lisant ce récit de vie, c’est de découvrir comment et pourquoi une femme intelligente s’est laissé ainsi manipuler pendant plusieurs années au risque de sa vie. Courage du départ, faiblesse du retour, espoir et peur… c’est sans doute l’existence de nombreuses autres femmes de tous milieux, y compris aisés comme celui d’Anne-France, que l’on découvre dans ce livre.
AU CREUX DE LA VAGUE d’Alain BRON

Une intrigue transatlantique – Un huis clos déstabilisant à bord d’un cargo
« Mais que tais-tu ici ? se demanda-t-il. Quel plaisir prends-tu à te geler dans l’Atlantique Nord ? » Jacques baissa la tête. Quinze mètres plus bas, les vaaues hurlaient contre la coque. « Tu pourrais jouir d’une douce chaleur dans ton appartement. Tu pourrais te laisser porter par la paisible incertitude des choses. Tu pourrais subsister sans les surprises désagréables de la vie à bord. » L’écrivain Jacques Perrot accompllt un rêve de gosse . traverser l’Atlantique sur un cargo. A bord, il rencontre un passager qui va lui inspirer le personnage principal de son prochain roman. Mais la vie, comme toujours, réserve de multiples rebondissements : l’océan se déchaîne, les hommes sur le bateau également ! Comment vivre avec ses semblables dans un espace aussi réduit ? Arrivé à bon port, il se confronte à la réalité du quotidien, mais n’est pas au bout de ses surprises… Dans ce nouveau livre d’Alan Bron, on retrouve un suspense savamment distillé, un irrésistible sens de l’humour et un humanisme à toute épreuve qui font de « Au creux de la vague » un roman passionnant.
LA MORT AVAIT UN GOÛT DE CHOCOLAT
Éd. Des livres et du rêve – oct 2025 – 414 P – 18,50 €
Alfred Van Der Mersch, fondateur de la chocolaterie belge Otelo, est retrouvé mort chez lui, en Belgique. Bernard Decréqui, un jeune veuf venu se ressourcer à Tenerife, dans la luxueuse villa d’Alfred, se retrouve malgré lui mêlé aux investigations menées par un inspecteur novice. Entre Tenerife et la Belgique, deux décors pour une même enquête aux apparences parfois trompeuses, une énigme où la mort a le goût amer du chocolat.
Pascal Buniet, originaire de Dunkerque, habite maintenant sur l’île de Ténérife, là où on trouve de nombreux retraités désireux d’y vivre des jours heureux sous le soleil. Mais tous se retrouvent entre compatriotes. Ils ne s’expatrient pas : ils emmènent leur patrie avec eux. Ils se rearoupent et forment des communautés par nationalité. Ils fréquentent les mêmes lieux et conservent leurs habitudes culinaires. C’est cette ambiance qu’a choisie Pascal Buniet pour ce roman qui cumule drame, intrigue et comédie.
« Un flirt démonial »

Comment et pourquoi introduire de la fiction dans un fait divers bien réel ? « J’ai écrit le roman à partir de l’affaire qui a marqué la vie professionnelle d’un commissaire enquêteur dont j’avais pu apprécier le travail comme journaliste : le commissaire Sonrier », note le romancier André Soleau qui signe avec Un flirt démonial son premier polar. Le souci : les protagonistes sont toujours vivants, les proches de la victime comme le meurtrier qui a purgé sa peine…
Cette affaire hors du commun, qui glace le sang et interroge sur les mystères de l’âme humaine, il etait impossible au romancier de la traiter comme une enquête criminelle (ou de journaliste) sur le terrain, au sud de la France.
Si l’enchaînement des faits est rapporté avec la rigueur et la plume acérée du iournaliste, le romancier se sert de sa connaissance des lieux du Nord, de Wimereux à Maubeuge, pour croquer les personnages, leurs articulations intimes, et déplacer l’affaire.
La couverture de l’ouvrage est signée par Hugues Panec, le peintre de la Côte d’Opale. Une belle manière pour le nouvel éditeur boulonnais Laurent cappe de poser sa signature dans le monde de l’édition independante. Une manière de planter le décor !

