Ecrivains des Hauts-de-France

Qu’est-ce qui fait un bon roman historique ?
On imagine sans peine que ce genre littéraire exige de l’auteur un travail très rigoureux. À commencer par la recherche documentaire. Car, comme l’observe Jean-François
Jean-François Zimmerman « If n’y a rien de pire ZIMMERMANN qu’un roman historique victime d’une documentation incertaine.  » Annie Degroote consacre beaucoup d’attention à cette phase du travail :
« Je me documente scrupuleusement, en repérant systématiquement les lieux où je situe mon histoire. Je vais les visiter. Je fais très attention à ce qui est repris sur Internet et aussi aux dates. »
Le souci de l’exactitude s’applique également à la forme du récit : « Je dois veiller à ce que mes termes ne soient pas modernes, contemporains. » Pour autant, un roman historique n’est pas un essai
savant et le risque guette de tomber dans la lourdeur. « Le danger avec les romans historiques, c’est de vouloir y mettre dès le début trop d’informations, trop de personnages « , pointe Annie
Degroote. L’auteur garde ainsi une marge de manœuvre lui permettant de combiner réalité historique et fiction. Ce que confirme Jean-François Zimmerman : « Personnellement, j’ai résolu le problème en laissant en toile de fond les grandes figures historiques
– abstraction faite d’Abraham Duquesne – pour ne faire intervenir que des personnages secondaires de /’Histoire, ignorés du grand public et sur lesquels les historiens ne disposent que de renseignements fragmentaires. Cette ignorance m’a permis de les utiliser durant leurs moments d’amnésie historique « , ajoutant : « Plus la connaissance d’une époque est imparfaite
et plus le romancier peut se permettre de placer ses personnages dans des situations extrêmes et inattendues.  » Ce que confirme Gérard Demarcq-Morin: « Je suis romancier avant tout et préfère à
la vérité historique la légende quand elle est plus belle. Dans les contes anciens se tient l’âme d’un pays, d’une région.  »

 

Comment s’écrit un roman historique?
Pas de bonne écriture sans avoir beaucoup lu ainsi qu’en atteste Gérard Demarcq-Morin : « Mes maîtres sont Victor Hugo, le boss, et les grands auteurs du
XIXe siècle, mais aussi Mika Gérard DEMARCQ-MORIN Waltari et Amin Ma/ouf pour le xxe. }}
Annie Degroote témoigne de son côté : « J’aime découper mes histoires comme des scénarios. J’alimente mon fil conducteur avec ma documentation, mon intrigue prend de l’épaisseur, de nouveaux personnages se créent … Presque malgré moi! Quand je commence l’écriture, petit miracle : mes personnages prennent leur envol ! }} Car au-delà de la rigueur de la construction du texte, l’auteur de roman historique, comme tout écrivain, doit encore donner du souffle à son récit, captiver l’intérêt du lecteur, l’emmener plus haut que les circonstances d’époque et de lieu. Bref,
conférer à son histoire une dimension universelle. Annie Degroote confirme:« Si l’on veut rendre /es personnages fictifs crédibles et vrais, et pénétrer dans leur vie, il faut tenter de comprendre
ce qui pouvait se passer dans leurs esprits, quand ils sont confrontés aux événements historiques. Les faire entrer« dans /’Histoire }}, réagir, s’approprier /es événements. }} Gérard Demarcq-Morin raconte : « Je suis un écrivain jardinier. Au tout début, je ressens un sentiment diffus, la présence d’un personnage qui n’est encore qu’une graine qui végète dans son terreau, son substrat,
en attendant son heure, selon que je vais l’alimenter de mon imagination et de l’humanité dont je vais l’abreuver. À ce sujet, la réécriture doit effacer en grande partie la documentation contenue
dans le premier jet pour la diluer au fil du récit sans forcer le ton comme une aquarelle qui teinte simplement le papier. » »
Qu’est-ce qu’un lecteur peut attendre d’un roman historique?
En définitive, le lecteur demeure l’arbitre. Que lui offre la lecture d’un bon roman historique ? « Explorer le passé permet de relativiser notre actualité, nos peurs, l’insécurité du quotidien,
l’intolérance, les doutes spirituels }}’ observe Annie Degroote. « Je pense que le lecteur s’attache à nos personnages, ils deviennent ses amis comme me l’a dit un jour une lectrice. Le
roman historique est un moyen également de connaître /’Histoire d’une façon plus ludique. Et d’avoir envie, parfois, de pousser plus loin ses lectures, chez /es historiens. }}
Jean-François Roussel – Romancier – biographe Vice-président  » Écrivains des Hauts-de-France »

 

1- Annie Degroote, autrice, comédienne, chroniqueuse,
a signé une vingtaine de romans et d’ouvrages, qui sont pour la plupart des hommages à sa région
natale et à son Histoire parmi lesquels aux Presses de la Cité : La kermesse du diable (2019), Des
cendres sur nos cœurs (2021),
La Messagère du Nouveau Monde (2024)
2- Jean-François Zimmermann, romancier, est auteur de nombreux romans dont l’action se situe au
Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, au xv,f siècle, dont: L’île de la liberté
– Éd. De Borée (2020), Les quatre sorcières de Bouvignies
– Éd. Nord-Avril (2022), L’inconnu du Pré-aux-Clercs – Éd.C. Bonnetan (2025)
3- Gérard Demarcq-Morin est l’auteur de romans ayant trait au Nord et à la Bretagne et connaît le
succès avec Les tribulations du Nichât ou Le Grand Débord, qui a reçu le prix Renaissance. Romans
parus aux Éditions des Libertés :
Le marais du diable (2023), Les ensorcelés de Rysel (2024),
j.a Mermine de BruÇJes (2025)

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