Les noyés de la Deûle

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Contre-enquête

Les noyés de la Deûle
Le cas d’Hervé Rybarczyk relance l’affaire

Entre 2010 et 2011, une série de noyades dans la Deûle avait défrayé la chronique à Lille. Faute d’indices ou de témoignages la justice avait conclu à des morts accidentelles, on croyait l’affaire des Noyés de la Deûle définitivement classée.

Mais au début du mois de mai, la mise en examen de trois suspects jugés à Amiens dans le cadre d’autres faits, a relancé les investigations. Mis en examen pour « violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort, ils ont été placés en détention provisoire. Ils sont accusés d’avoir causé la mort par noyade d’Hervé Rybarczyk, en novembre 2011. Ce Lillois de 42 ans est le dernier noyé, le cinquième de l’étrange série

Le journaliste Lillois

Gilles Durand avait publié en 2015 «  Noyés de la Deûle, la contre-enquête » son travail était, à l’ époque, passé presque inaperçu.

N’aurait-on pas classé trop vite les dossiers ? 

Comment et pourquoi la psychose s’était emparée de la ville laissant des traces profondes dans l’inconscient collectif ?
Au fil de son enquête, il a dû se rendre à l’évidence : le procureur de la République de Lille avait classé l’affaire «  en noyades accidentelles », un point c’est tout…

Dans son livre il évoque le cas du cinquième noyé : Hervé Rybarczyk. Sa mort avait purement et simplement échappé à un examen détaillé. Une rapide investigation avait conclu au suicide de ce musicien, disparu après avoir donné un concert dans un bar lillois. Les proches d’Hervé n’ont jamais cru à la thèse du suicide.

De nouvelles questions se posent qu’il faudra bien résoudre. La contre-enquête de Gilles Durand est parue en juin 2015, tout juste un mois avant la réouverture de l’information judiciaire actuellement en cours. Celle-ci inclut désormais les cinq victimes et a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Villeneuve d’Ascq.

L’affaire est relancée…

Noyade « accidentelle », le crime parfait ? 

En 2014, lorsque Gilles Durand se lance dans cette enquête sur la série des cinq noyades suspectes, aucune source officielle ne veut rouvrir les dossiers pour le journaliste.

On s’étonne même qu’il s’intéresse à ces cas dont plus personne ne parle, à part les proches des victimes.

Les questions du journaliste portent d’abord sur la rumeur : comment cinq noyades accidentelles peuvent-elles devenir des actes criminels dans l’opinion publique ? Quel rôle a joué la presse ? Quelle a été l’influence des réseaux sociaux ?

Gilles Durand s’entête, interroge des sources non officielles : policiers, proches des victimes, médecins, avocats ou sociologues. Il se rend très vite compte que des zones d’ombres existent.  Pourquoi des informations, renforçant la thèse accidentelle, n’ont-elles jamais été dévoilées publiquement ? Par exemple : la police a su tout de suite les raisons pour lesquelles Thomas Ducroo s’était retrouvé seul, près de la Deûle. Au contraire, certaines enquêtes laissent des doutes subsister : comment le téléphone portable de Llloyd Andrieu s’est-il remis en marche après sa disparation?

A-t-on pratiqué dans les autopsies un examen de la vessie des victimes ?

Selon l’enquête, elles urinaient dans le canal au moment de leur chute etc…Le livre examine aussi une série de noyades similaires qui ont endeuillé Bordeaux en 2012. Affaires non élucidées. Il retrace enfin une affaire lilloise très ancienne : les morts de Philippe Payen et Yann Dupont, une double noyade, survenue en 1996 dans la Deûle. Il aura fallu plusieurs années pour que la justice finisse par conclure à un acte criminel !  La thèse de l’accident avait été retenue pour expliquer la chute des deux garçons dans le canal. En fait, ces derniers avaient été précipités d’une passerelle, reliant le bois de la Deûle à la commune de Lambersart, après avoir été agressés.

Lille, le 25 fŽvrier 2011. Le corps du 3me disparu, Jean-MŽriadec le Tarnec, ˆ ŽtŽ retrouvŽ dans le canal de la Deule en milieu d’aprs midi ˆ une cinquantaine de mtres de l’endroit o avait ŽtŽ repchŽ celui de Thomas Ducroo deux jours plus t™t. Les premires constatations sur place et l’autopsie confirment la thse de l’accident. Ici des fleurs ont ŽtŽ dŽposŽes prs de l’endroit o est mort Thomas Ducroo.

Un curieux « suicide »

Le « suicide » d’Hervé Rybarczyk provoque moins de controverses, comme si la presse admettait plus facilement cette hypothèse.  Aucun indice concret, ni lettre d’adieu, ni confidence avant la mort du musicien, ne vient l’attester. Hervé était un ancien toxicomane qui s’en était sorti. « La justice a voulu le faire passer pour un marginal dépressif.  « Son attachement à ses parents et à sa fille de 18 ans, me font croire qu’il n’a pas pu se suicider », affirme une proche d’Hervé.

Gilles Durand Journaliste

Pour comprendre ces faits divers non élucidés, Pour comprendre ces faits divers non élucidés, le livre de Gilles Durand est indispensable. Il émet des hypothèses, apporte des preuves. Une enquête précise, détaillée et très documentée. Noyés de la Deûle, la contre enquéte.

Aux éditions Les Lumières de Lille.
contact@leslumieresdelille.com

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